Ce matin, un tapis de neige recouvrait le sol, alourdissait les arbres, coiffait les toits. Les enfants sont allés en combinaison de ski se rouler dans la neige du jardin.
Lisa a attrapé un rhum. Elle tousse depuis hier. Elle n'est pas restée longtemps dehors. J'ai cru qu'elle avait de la fièvre tant elle me parassait affaiblie. Mais non, pas de fièvre. Elle semble s'assoupir. Elle ne devrait pas tarder à s'endormir.
Finalement, cette grève, elle est bien tombée.
Il neige de nouveau à gros flocons. Je travaille à mon rapport. Sans entrain.
J'ai laissé Marie libre de décider quand nous ferons les devoirs. Il va bien falloir que je force sa décision. Comme à chaque fois.
Dernier jour de janvier. Dans les jours qui viennent, en plus des chutes de neige, est prévue la chute des températures. Par crainte du gel, j'ai rempli le frigidaire avec toutes les bouteilles entreposées dans le garage.
Jeudi, on ira à l'école en luge. Les enfants en bavent d'aise. Rien que pour cela, ils iraient à l'école jour et nuit. Maintenant, là, tout de suite.
L'arbre tout rabougri devant la maison a des boules de neige aux jointures. On dirait des feuilles, un printemps de neige, avec des cristaux dans les nervures. Ou bien l'au revoir du père noël, noyé dans une mare à flocons.
C'est une journée un peu terne, rien de saisissant. Lisa passe me voir, met son nez sur mon écran, puis s'en va, je devrais éteindre la télévision mais je ne le fais pas. Je vais le faire. Les devoirs, les miens (le rapport), ceux de Lisa qui prononce des mots et demande si l'on entend un a dans le mot prononcé, puis un u, puis un o, puis un i.
Avion.
Sucre.
Bateau.
Ce e, ce a et ce u qui font un o.
L'évidence au prix de l'indéchiffrable. L'eau sur laquelle glisse le bateau.
Je l'entends qui pleure. Elle pleure de fatigue. Et quand je suis avec elle sur le canapé, elle se blottit tout contre moi.
J'ai éteint la télévision. Voilà.
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