06 janvier 2012

Volets fermés


Inutile d'ouvrir les volets le matin quand je descends préparer le petit déjeuner: il fait encore nuit et cela va durer jusqu'au moment de partir.

Insensiblement, jour après jour, le sapin (voir photo) s'effiloche, se désagrège. Il va falloir le faire disparaître, le recycler. Tout se transforme, rien ne se perd. Et les boules et guirlandes de regagner leur boîte de carton que l'on remisera quelque part dans le garage. L'année prochaine, on pestera de ne plus mettre la main dessus.

Les parents qui auront tout misé sur leurs enfants seront déçus. L'ingratitude en dit moins long sur les ingrats que sur ceux qui s'en offusquent. Ceux-là seuls sont à plaindre. Car il ne faut pas s'attendre, au sens littéral du terme. Il n'y a pas d'esprit de sacrifice qui tienne. Les voies impénétrables de l'égoïsme mènent toutes à la solitude. Une solitude apaisée ou bien tourmentée.

Séance "devoir" hier soir. Marie à la peine. Marie qui pleurniche. Et moi qui m'en veux, par la suite, d'avoir peut-être été trop dur. Aujourd'hui, contrôle de mathématique. Sis fois six égal trente-six. La table de pythagore. les centimètres et les millimètres. L'équerre et la règle.

Mi-rieuse, mi-sérieuse, Lydia m'assure qu'elle a déjà trop de choses en tête pour y mettre aussi les chiffres. Ce qui l'intéresse, ce ne sont pas les échelles de valeurs, les graduations, les unités de mesure. Ce qui l'intéresse, ce sont les émotions, toutes ces choses enfouies qui ne se mesurent pas.

Météo océanique, grands vents, pluie gantée de cristaux de neige. Lisa ne veut plus de ses kiwis, Marie de sa poire. Il est temps de partir. Et dans le vestibule où l'on ne peut pas tenir tous à la fois, chacun de chausser ses bottes ou bottines, de remonter des fermetures éclairs, d'enfiler des bonnets, d'enrouler des écharpes. Marie préfère sa casquette. Ca lui donne un air de gavroche. A six ans, elle rêvait de princesses. A huit, elle se voit cavalière.

Il ne fait plus nuit. Soudain, la neige sort de l'ombre.

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