25 août 2010

13 août 2010

Mamie, mère et filles




Starlettes


Glyfada, 31 juillet 2010

12 août 2010

08 août 2010

Sossa


Dans l'appartement de Genève. Tétine se dit "sossa" en Russe. Lisa dort avec et pendant la journée, s'en moque.

Les trottineuses

Maintenant, Marie, que tu sais lire, je vais pouvoir t'écrire avec cette fois la sensation que tu es déjà là, derrière moi, à lire par dessus mon épaule pendant que j'écris.

Ici, une photographie prise à Genève en mai. Lisa a le regard sérieux des enfants espiègles. Toi, tu a l'air d'une rappeuse, le pantalon bouffant sur les baskets et le regard joueur d'un après-midi de printemps.

Oui, je vais pouvoir t'écrire et te montrer, te conter comment nous sommes en famille, comment nous formons et déployons une famille au jour le jour. Et les nuits aussi. Maintenant que nous allons quitter Varsovie, maintenant que nous allons vivre en France, nous allons de nouveau être tous ensemble.

J'ai quitté la France en février 1991, la Belgique en mai 1999 et Varsovie en aout 2010. Quitter, c'est se quitter un peu, ne pas voir la suite, se mettre ailleurs comme on se met hors cadre.

C'est étrange de quitter Varsovie. C'est étrange non que j'éprouve quelque attachement que ce soit pour Varsovie, pour la Pologne - j'y ai vécu en autiste et en attentiste - mais c'est étrange de laisser derrière soi le lieu de ta naissance, celui de ta soeur, celui de la rencontre avec votre mère, celui où je l'ai épousée. Lieu donc de multiples naissances ce qui nous vaut un petit deuil aujourd'hui, le deuil des départs. Toutes les deux, ta soeur et toi, vous êtes tout compte fait des polonaises. Quelque chose de ce pays si énigmatique survivra-t-il en vous ? Peut-être tout dépendra-t-il de son futur, de ce qu'il sera devenu ?

Nous avons à la maison une plaque indiquant la rue Koszykowa, une plaque que nous avons repêchée dans la rue le jour de notre déménagement - quittant un appartment pour une maison avec jardin -, abandonnée là par je ne sais qui, remplacée par une plaque flambant neuf. C'est dans cette rue que nous vivions quand maman et moi t'attendions, quand tu es venue au monde. Tu es venue au monde par la porte de la Pologne, tu y est entree par la porte de l'appartement du dix rue Koszykowa. Cette plaque, c'est comme l 'une de ces cartes que l'on envoie aux amis et connaissances pour annoncer une naissance. Ce jour-là, disions-nous, il faisait chaud puis il y eut un orage. Neuf mois tard, nouvelle naissance, premier déménagement: il faisait froid et la première nuit dans notre nouvelle maison, tu as eu de la fièvre, beaucoup de fièvre.

Tu as eu sept ans il y a quelques jours. Cela fait bien longtemps que cette porte-là est ouverte, et bien des fenetres aussi. Bien longtemps que la fièvre est tombée et un nouveau déménagement se prépare (la semaine prochaine). Une nouvelle maison nous attend. Dans les formulaires à remplir, nous avons déjà une nouvelle adresse.