Marie, tu m'aimais quand j'étais petite ? J'étais mignon quand j'étais petite mais maintenant je suis grande et tu ne m'aimes plus, hein Marie ? Marie ne répond pas, occupée à son dessin. Marie ! s'écrie Lisa. Oui ! repond Marie. Tu écoutes ce que je te dis. Quand j'étais petite, tu m'aimais et maintenant je suis grande, tu ne m'aimes plus, tu sais ça, hein Marie ? Marie qui décidément ne veut pas écouter répond évasivement: oui, je sais ! Et Lisa de se pencher à nouveau sur son dessin puis d'éternuer dessus et Marie de rire et elle de faire: "héééééééééééé !". Parce que à tout ce qui arrive, Marie prend nécessairement sa part. Même si elle n'y est pour rien. Quand Lydia ou moi découvrons, horrifiés, que par exemple, une boîte de bonbons a été chipée et dissimulée sous le lit de Lisa, Lisa aussitôt fait les yeux ronds et assène le plus tranquillement du monde cette vérité hélas irréfutable: "c'est Marie qui a fait ça !". Et Marie, si elle est présente - car cela n'y change rien: qu'elle soit là ou pas là, c'est toujours elle et c'est toujours bon à dire -, de faire: "héééééééééééééééééé !. Marie n'y voit aucun humour, Lisa non plus. Mais si je ris, si Lydia rit, elle rit aussi. Pas Marie qui a pourtant un bout de rire dans son prénom (on lui a dit).
Et puis si jamais Marie n'avait pas encore fait ses devoirs, elle ne manquerait pas de le lui rappeler mais, plus grave, de me le rappeler. Lisa est méchante ! décréte Marie illico. Elle ne m'aime pas !
Mais qui est aime qui à la fin ?
Il y a les oiseaux qui chipent des miettes de croissant derrière la porte-fenêtre de la cuisine.
Il y a la mouche dans la chambre de Lisa qui donne à celle-ci un bon prétexte pour me rejoindre tôt ce matin dans le lit conjugal (que Lydia a déserté, envoyée par son employeur pour quelques jours à Vilnius).
Je ne suis plus ta copine, insiste Marie. Et Lisa se penche sur son dessin, pas le sien, celui de Marie, et s'exclame aussitôt: c'est joli: comment tu as fait ça ?. Marie ne dit rien. Elle est ravie.
Il y a dans sa classe un certain Noé, assis juste derrière elle, qui n'aime rien tant que les dessins de créatures et de monstres sanguinolents. Ce matin, Marie a dessiné pour lui des créatures et des monstres sanguinolents avec des bulles comme dans les bandes dessinées. Elle sait comment s'écrit "sang", avec un "g" à la fin. Parce que je lui dis que ce dessin est effrayant, beau mais effrayant, qu'il fera peur à Lisa mais aussi à maman, elle accompagne Lisa jusqu'au canapé et le lui montrant, lui explique: tu vois ça ici, c'est du jus de fraise ! Lisa: moi, j'aime le jus de fraise ! Ils ont de la chance les monstres d'avoir du jus de fraise. Et là, c'est quoi ? Une tête coupée...mais il peut l'enlever, la remettre, ça lui fait pas mal...Ah, dit simplement Lisa. Ils ont de la chance les monstres.
Regarde ! Regarde ! Là, sur le tronc de l'arbre, c'est la main d'un monstre. Non, dit Lisa, c'est le Père-Noël ! (photos prises la semaine dernière au lac des Dronières, près de Cruseilles, en Haute-Savoie).
Et puis si jamais Marie n'avait pas encore fait ses devoirs, elle ne manquerait pas de le lui rappeler mais, plus grave, de me le rappeler. Lisa est méchante ! décréte Marie illico. Elle ne m'aime pas !
Mais qui est aime qui à la fin ?
Il y a les oiseaux qui chipent des miettes de croissant derrière la porte-fenêtre de la cuisine.
Il y a la mouche dans la chambre de Lisa qui donne à celle-ci un bon prétexte pour me rejoindre tôt ce matin dans le lit conjugal (que Lydia a déserté, envoyée par son employeur pour quelques jours à Vilnius).
Je ne suis plus ta copine, insiste Marie. Et Lisa se penche sur son dessin, pas le sien, celui de Marie, et s'exclame aussitôt: c'est joli: comment tu as fait ça ?. Marie ne dit rien. Elle est ravie.
Il y a dans sa classe un certain Noé, assis juste derrière elle, qui n'aime rien tant que les dessins de créatures et de monstres sanguinolents. Ce matin, Marie a dessiné pour lui des créatures et des monstres sanguinolents avec des bulles comme dans les bandes dessinées. Elle sait comment s'écrit "sang", avec un "g" à la fin. Parce que je lui dis que ce dessin est effrayant, beau mais effrayant, qu'il fera peur à Lisa mais aussi à maman, elle accompagne Lisa jusqu'au canapé et le lui montrant, lui explique: tu vois ça ici, c'est du jus de fraise ! Lisa: moi, j'aime le jus de fraise ! Ils ont de la chance les monstres d'avoir du jus de fraise. Et là, c'est quoi ? Une tête coupée...mais il peut l'enlever, la remettre, ça lui fait pas mal...Ah, dit simplement Lisa. Ils ont de la chance les monstres.
Regarde ! Regarde ! Là, sur le tronc de l'arbre, c'est la main d'un monstre. Non, dit Lisa, c'est le Père-Noël ! (photos prises la semaine dernière au lac des Dronières, près de Cruseilles, en Haute-Savoie).




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