28 mai 2011

Kermesse

Aujourd'hui, jour de kermesse. Du néerlandais kerkmisse qui veut dire fête paroissiale ou messe festive.

Photo prise juste avant de s'y rendre. Dans l'orchestre des instruments du monde que formaient les maternelles, Lisa était chargée d'un instrument creux, en forme de batte de base-ball et de la même taille, dans lequel des billes ou des graviers imitaient en tombant le bruit de la mer. Lisa devait se lever et le renverser et le renverser encore. Et elle ne s'en lassait pas.

Marie a retrouvé Linda qui l'avait invitée la semaine dernière à son anniversaire. Puis elle l'a perdue et est tombée sur Anastasia et son petit frère. J'étais en charge du stand du tire-ficelle. Deux anneaux où coulissait la ficelle au bout de laquelle étaient noués quatre pince-linge. En tirant l'une des quatre ficelles, les enfants ramenaient à eux, hors du carton, des jouets ou des sachets de bonbons accrochés à l'une des pince-linge. Il y a avait deux cartons, chacun à la charge d'un adulte.  L'autre adulte, c'était Delphine, une musulmane reconnaissable comme telle au foulard blanc qui encadrait son visage. On n'a pas eu le temps d'échanger plus de deux phrases, le stand a été pris d'assaut dès les premières minutes. A mi-parcours, elle m'a fait remarquer que j'était trop généreux, accrochant trop de cadeaux à mes hameçons. Cela expliquait peut-être la marée de minois alléchés qui se pressaient devant mon carton. Au bout d'une heure, c'est le maître de Marie qui a pris la relève. Sans doute a-t-il été plus rigoureux que moi.

La messe était dite. Marie a passé l'heure suivante à aller de stand en stand collecter des babioles de toute sorte que l'oin a ensuite étalé sur la table basse du salon. Lisa, quand à elle, a fait deux tours dans le château gonflable puis nous sommes rentrés. Lisa m'a fait souffler dans des ballons,  Marie avait faim, tout le monde s'est à table puis quelques heures plus tard au lit. Demain, c'est la fête des mères.

La nuit dernière, j'ai fait un cauchemar qui m'a réveillé en sursaut au milieu de la nuit. Cela faisait longtemps que je n'avais fait de cauchemar. Chaque soir, Marie a pris l'habitude de me souhaiter non seulement bonne nuit mais aussi que je ne fasse pas de cauchemar. Je soupçonne qu'elle en fait plus souvent que moi mais n'en dit mot. Pour la fête des mères, elle a offert à sa mère une carte où elle a recopié le fameux poème de Victor Hugo (Oh! l'amour d’une mère! amour que nul n’oublie! – Pain merveilleux qu’un dieu partage et multiplie! – Table toujours servie au paternel foyer! – Chacun en à sa part, et tous l’ont tout entier!).  Etonnant tout de même ce "table toujours servie au paternel foyer". Victor-Hugo ne lésine jamais sur les effets de manche, sur la grandiloquence. Sa sincérité n'est jamais très évidente mais bon, celle des enfants, elle, est incontestable. Et c'est cela seul qui compte.

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