Lydia a réaménagé la chambre de Marie pour y faire de la place pour un bureau. Marie est ravie et dimanche, nous avons fait les devoirs dans sa chambre; jusqu'ici, nous descendions dans la pièce qui nous sert de bureau à Lydia et à moi. Marie comme Lisa ont retrouvé l'école sans déplaisir, sans maugréer. Quand je récupère Lisa après l'école, elle semble toutefois épuisée ou du moins, groggy comme si la journée durant, elle avait livré un combat. Marie, elle, semble toujours avoir trop parlé et vouloir parler encore. Rares sont les fois où elle a eu le temps d'endosser son manteau; elle franchit la grille, le manteau sous le bras ou bien le manteau suspendu à elle par la seule capuche enfournée sur sa tête. On dirait bien qu'elle a quitté la salle de classe dans la précipitation, trop occupée à bavarder pour avoir la tête ailleurs que dans le nuage de ses propres paroles. Et la tête une fois sortie de son encadrement de fourrure synthétique continue de hocher à droite, à gauche tandis que Lisa, de son côté, sort peu à peu de sa léthargie pour aller rôder, tétine en pointe, le long des murs du bâtiment de la maternelle. Pendant ce temps, Filou file le parfait amour de la sieste en compagnie d'animaux de compagnie dont la compagnie s'apparente à celle d'un oreiller, d'un coussin, d'un soupir, sachant bien que d'ici dix, quinze minutes, quand je serai de retour avec les filles, la sieste prendra fin et de chat, Filou deviendra girafe, oreiller de compagnie à son tour entre les pattes d'une demoiselle à tétine quémandant pain au chocolat et dessins animés. Il fera encore jour, preuve que le printemps n'est plus très loin, que la sève ne va pas tarder à sourdre du bois mort. Une table ronde de jardin, une chaise pliante, un magazine entre les mains, je profite d'un dernier rayon de soleil. Nous mangerons du poisson, frites, haricots verts et en guise de dessert, les enfants réclameront des glaces.
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