Lundi dernier, à la mairie, je représentais les parents d’élève de l'école maternelle. Il y avait là l’inspecteur d’académie, des fonctionnaires de la commune, les directeurs d’école, des enseignants, d’autres parents d’élèves. L’objet de la discussion était la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Le Conseil municipal a voté sa mise en œuvre dès la rentrée prochaine pour toutes les écoles (seule y échappera l’école privée qui a reporté son application à la rentrée suivante). Pas de dérogation donc et il s’agit maintenant de décider du nouvel horaire. Les enfants iront à l’école le mercredi matin tandis que trois quart d’heure d’enseignement sera retranché chaque jour aux autres jours de la semaine (la sortie des classes se fera à 15h45 au lieu de 16h30). Je me rends vite compte que l’objet véritable de la discussion n’est pas de décider d’un nouvel horaire (la décision a déjà été prise sans aucune consultation ce qui ne semble déranger personne) mais de la mise en place d’activités dites périscolaires entre l’ancien et le nouvel horaire de sortie des classes. Comme les centres de loisirs continueront d’accueillir les enfants dont les parents travaillent au même horaire que cette année, il s’agit de boucher le trou de trois quart d’heure entre l’école et les centres de loisirs. La mairie doit recruter des animateurs, elle ne l’a pas encore fait, elle ne sait pas vraiment comment s’y prendre (solliciter les assistantes de la maternelle, les enseignants, des parents bénévoles ?) ; il y a des tensions entre l’inspecteur d’académie et les fonctionnaires de la commune. Dix minutes seulement avaient passé depuis le début de la réunion et il était déjà clair que rien ne l’était et que tout se ferait dans la précipitation, à la dernière minute, en septembre. J’ai posé des questions, les réponses étaient évasives, j’ai trouvé les enseignants bien passifs, et les fonctionnaires de la commune bien nerveux. Tout ce petit monde s’est quitté vers 20h30.
Le mauvais temps continue. On finit meme par
se lasser de s’en plaindre. Les enfants ne parlent jamais du temps qu’il fait.
Ils ne semblent même pas le remarquer. Lisa se réjouit seulement de se voir
confiée un parapluie qu’à peine sortie de l'appartement, elle ouvre bien grand et avec laquelle, sur le chemin
de l’école, elle se dandine comme une mary poppins de circonstance. A tout
hasard, elle demande si elle peut faire le chemin en trottinette mais comme il pleut encore et toujours, la
réponse n’est pas celle qu’elle espérait et là, oui, elle se plaint, sans voir le lien entre pluie et privation de trottinette. Dimanche, nous
sommes allés, juste elle et moi, faire un tour en vélo. Il n’y avait personne en
ville. Le ciel était bas mais il ne pleuvait pas. Nous sommes passés devant le
château puis, au retour, dans le quartier que nous habitions jusqu’à l’automne dernier.
Là, il a recommencé à pleuvoir et nous avons dû forcer l’allure. Quand nous
sommes arrivés devant le nouveau chez nous, il pleuvait à verse.
Pendant que j'écris ces lignes et qu'il menace encore de pleuvoir, Marie prépare ses affaires. Demain, sa classe
prend le bus direction l’Alsace. Cela fait six mois qu'elle attendait ça. CM1 et CM2 seront logés à Munster. Une nuit seulement car tous
seront rentrés dès vendredi soir. Je lis qu'il est recommandé aux parents de laisser les enfants
faire leur bagage. Je la laisse donc. Les ipod, jeux vidéo et autres babioles
technologiques, y compris les appareils photos, sont proscrits. Dans le bus, il
faudra s’occuper autrement. Il est question de « jeux calmes ». C’est
quoi un jeu calme ? se demande Marie. Je lui ai parlé de la classe de mer
faite en CM2 du temps où j'avais son age (ou un an de plus à peine) et habitais dans les Hautes-Alpes. Ce fut une semaine à Palavas-les-flots,
à relever la température de la mer, à capturer des crabes, à visiter
Aigues-Mortes, à être pour la première fois, en dehors de la classe, entre garçons et filles, à se laisser dériver en optimiste (rattrapé in extremis - à l’approche
de la jetée - par un zodiac de sauvetage en mer). Une semaine en tout et pour tout. Et nous alors,
pourquoi deux jours seulement ? Proteste-t-elle alors. Elle partagera une
chambre avec quatre autres copines. La maîtresse s’occupera des filles et le
maître des garçons. Il y aura des parents aussi.
Sur la photo ici, prise le soir de la boum
donnée par l’école, Marie entourée de Clarisse et Julia, deux des quatre
copines qui partageront sa chambre.
Le premier soir, la maîtresse leur a promis une boum. Le maître jouera du piano. Ce sera une boum calme sans doute. Couvre-feu fixé à 22h00. Le lendemain, réveil à 7:00.
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