14 juin 2011

Luges, péages et devoirs d'été

Lundi, nous avons pris la route d'Annecy et de là, contourner le lac par sa rive Ouest, gravi une route en lacets au milieu d'un forêt dense jusqu'au sommet en alpage de la montage du Semnoz qui culmine à près de 1700 mètres. Là, une piste de luge d'été a été aménagée. Lisa a pleuré de rage quand il a fallu partir après dix descentes, les premières prudentes - tirant à soi le levier de freinage -, les dernières décoiffantes. La jeune femme qui vendait les tickets et veillait au bon ordre des départs et arrivées, s'amusait de nous voir monter et descendre sans faire de pause, Lisa à peine débarquée courant avec des gloussements de joie vers la rampe des départs. Au retour, nous avons fait une halte dans les bois. Les enfants ont cueilli des fraises sauvages, joué à cache-cache, chanté, crié dans l'espoir hypothétique qu'un monstre des forêts fasse irruption devant nous au milieu du sentier et couvre leur vacarme de ses rugissements d'enfanthropophage. Cela ne s'est pas produit. Je fis comme je peux pour y remédier.

Les vacanciers du long week-end de Pentecôte se pressaient au péage à la sortie d'Annecy. Les douaniers Suisses n'étaient pas en reste et ceux-là même qui venaient de payer leur écot à la gestion des autoroutes Françaises s'agglutinaient maintenant à la frontière sur les trois voies de l'autoroute. Tenue bleu nuit pour les douaniers Français, bleu horizon pour les douaniers Suisses. Ces derniers font également office d'agents de péage chargés de scruter les pare-brise pour y déceler la présence ou non de la vignette dont doit s'acquitter quiconque souhaite emprunter les autoroutes suisses. Valable pour l'année civile entière, la vignette coûte quarante francs suisses. Même celui qui ne roulera que quelques heures sur les autoroutes suisses devra en payer le prix pour l'année.

Marie a une dictée demain (en fait, aujourd'hui, peut-être en ce moment même). Nous nous y sommes bien préparés. Une séance de travail dimanche matin, deux lundi le matin puis le soir. Elle est sur la bonne voie. Depuis peu, elle s'est mise en tête d'utiliser l'ordinateur pour écrire des histoires. Je la vois pianoter de l'index de sa main droite sur le clavier de l'ordinateur. Elle a compris comment sauvegarder son texte, comment le fermer et l'ouvrir.

Lisa, hier matin: papa, tu veux travailler avec moi ? Elle voudrait avoir des devoirs elle aussi, elle voudrait que je passe du temps avec elle comme avec Marie. Elle voudrait que ça se passe comme avec Marie: dans le cabinet de travail, juchée sur le même tabouret tandis que je suis assis dans le fauteuil de cuir noir. Elle voudrait même que je sois sévère aussi comme avec Marie.

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