Entretemps, la bataille de pelochons a pris une autre tournure. Plus de frétillement mais un rideau blanc au travers duquel on distingue à peine en pointillés les arbres et les pelouses. En quelques minutes, nous voici revenu en arrière dans un paysage hivernal, et le printemps semble loin. C’est jour de gymnastique à l’école. Laura a pris la main de Marie et ensemble, elles sont entrées dans le gymnase. En passant dans le long corridor qui longe le gymnase, on entend les enfants courir et sauter sur le parquet en bois.
En Arménie, ce sont des temps difficiles. Le premier mars, des manifestations organisées par l’opposition ont tourné au bain de sang, huit morts, cent trente un blessés suite à quoi l’état d’urgence a été décrété jusqu’au 20 mars. L’opposition conteste le résultat des élections présidentielles qui se sont tenues le 19 février. Lydia est sur place. Elle rentre mardi si tout va bien.
La neige a cessé, le ciel s’éclaircit, le soleil s’infiltre entre les nuages. D’ici quelques heures, la neige aura fondu et ce sera le printemps à nouveau. Dimanche, pour les catholiques, ce sera Pâques. Marie a écrit au feutre les prénoms de ses amis sur des cartons d’invitation que j’avais préparés à l’avance. Marisha, Laura, Carlotta et Guillaume sont ses invités. Nous cacherons des œufs en chocolat dans le jardin. J’ai glissé les invitations dans les casiers des quatre heureux élus. Il y en aura d’autres mais pas de l’école. On espère que le temps sera au beau. En Grèce où nous étions jusqu’au 10 mars, la question ne se pose pas comme en témoignent ces clichés.
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