Voilà Noël derrière nous et une nouvelle année qui commence. Noël, nous l’avons passé fêté en famille chez mamie et dieda. Marie est encore trop petite pour croire au père Noël. Pour que le surnaturel soit de la partie, encore faut-il que le réel soit une partie de ce tout. Marie ne serait sans doute pas étonnée outre mesure de me voir voler comme Dumbo ou Peter Pan ou de recevoir la visite des barbapapas au complet. A l’échelle de ses étonnements, le père Noël n’est pas une grosse pointure. Tout ce que lui inspira sa brusque apparition en chair et en os, au soir de Noël, ce fut de la crainte et de la timidité. A cet instant, c’est à peine si le père Noël - sous les traits de dieda (dieu fasse qu’elle ne lise ces lignes que le plus tard possible !) –fut plus - ou moins - réel que dans les livres ou dans ses poses d’épouvantail aux devantures des magasins ou aux balcons des plus zélés de ses fidèles. Une fois qu’il fut reparti, la vie reprit. Le père Noël reprit ses habits de tous les jours, enfourna ses pantoufles et alluma la television. Le sapin de Noël brûla longuement dans la cheminée; boules et guirlandes retournèrent dans leurs cartons qui retournèrent dans la cave, entre la piscine gonflable et les ballons de plage. Tandis que Marie continua de croire que le monde existe et tandis que le père Noël crut en elle. Il reviendra l’année prochaine. Il est immortel, le père Noël. Il y aura toujours des enfants pour le garder en vie. Et des parents pour le mettre en scène et le voir dans les yeux de leurs enfants. S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.
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