28 avril 2015

Les joies simples

Les joies sont simples en enfance. Du papier, des ciseaux, un pain au chocolat, des malabars, un caramel, des feutres, un crayon, un câlin, une peluche, une sucette, une nuit de sommeil, un chocolat chaud, une partie d’échec, un livre d’images.

Et même la table de multiplication que balbutie Lisa entre les haies, sur le chemin qui descend vers l’école.
Le premier arrivé au portail a gagné. Chaque matin, Lisa m’oblige à courir derrière elle, à concourir avec elle. Jusqu’au sapin. Jusqu’au terrain de tennis. Jusqu’au portail. Et chaque matin, grâce à elle, je mesure ma forme ou méforme.

A l’école, les mêmes visages, une poignée de main, « bonjour » ici, « bonjour » là. Un bout de conversation. Des prénoms m’abordent en coup de vent, Juliette, Bernard, François, Katia, Sandra, Alessandra, et certains dont je ne connais que le prénom des enfants, Kali (ou Cali), Laura, Alisha, Timéo, Loïc, Eva, Selma.
L’herbe recommence à pousser. Malédiction du coupeur de tiges. Il y a encore les feuilles noircies du printemps dernier, laissées là sous les arbres qui bourgeonnent.


Nous prenons l’avions demain pour Vancouver. Olga nous a concocté un programme d’activités. Il est question de ballades en mer pour aller voir les baleines.
Il fait beau et presque chaud l’après-midi.

Marie a un contrôle d’histoire ce matin. Sur la paix romaine. L’édit de Caracalla. La vie d’Octave devenu Auguste, fils adoptif de Jules César. La romanisation. Qu’est-ce que ça veut dire la « romanisation » ?
Les profs du collège étaient en grève hier. Presque tous. Sur le parking du collège, reconnaissables à leurs dossards jaune fluorescent, certains distribuaient des tracts, tentaient de convaincre les parents du bien-fondé du mouvement et de la nécessité de les soutenir. La dotation budgétaire des établissements qui ne sont pas situés en zone d’éducation prioritaire va baisser au profit des établissements situés dans ces zones. Pourraient en pâtir le soutien scolaire, les préparations au Brevet (dont il est de nouveau question qu’il soit supprimé), les sections dites Eurolangues (certaines classes devraient fusionnées, l’Italien en LV2 pourrait être abandonnée, etc.). A l’école primaire, moins touchée a priori, seul le directeur faisait grève.

Nous sommes à trois doigts de la fin du mois. Vancouver est derrière nous (j’en parlerai). Dieda a subi son opération. Il est sorti hier de l’hôpital. Nous avons eu l’été, le printemps et aujourd’hui l’automne. Pour un jour, pour quelques jours. J’ai ratissé sous les haies, arraché la mauvaise herbe, tondu la pelouse, rempli des sacs, couru à la déchetterie, très fréquentée en cette saison. Mamie est restée avec nous pendant que Dieda était à l’hôpital. Et la semaine prochaine, je donne des cours.
Qui donc ira chercher les enfants à l’école ? 
 


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