02 septembre 2014

Nouvel An


dans la forêt de Saint-Georges, près de Tripolis
Bon, c’est la rentrée. Le jour de la rentrée, c'est le vrai premier jour de l'An. L'été finie, l'automne n'est pas la fin mais le début, le premier acte de la nouvelle année. Du solaire au scolaire, il n'y a qu'un "c",  le commencement d'une nouvelle ère que marque la reprise de l'école. Oui, ce jour-là m'a toujours semblé le jour d'un nouvel âge, le moment privilégié pour de nouvelles résolutions, le vrai passage d'une parenthèse à une autre. Tandis que premier janvier m'apparaissait n'être qu'une étape festive dans le cours d'une année commencée depuis bien longtemps, dès la fin de l'été.
Donc, c'est la rentrée. Marie est dans la même classe que sa meilleure amie. Lisa et Arthur ne sont pas dans la même classe.
Marie avait le trac, Lisa avait hâte.

Je ne pouvais être à l’école primaire et au collège à la fois. Ce sont les parents d’Arthur qui ont emmené Lisa à l’école pendant que j’accompagnais Marie au collège.

Je n’ai pas de photos. Au collège, dans la grande salle lumineuse de la cantine, la directrice a prononcé quelques mots de bienvenue aux parents et aux élèves puis l’appel a commencé, classe par classe (il y en a 5 – Marie entre en 6ème B) puis chaque classe disparaissait au fond de la salle par le corridor menant aux classes, précédée par le professeur principal qui, aujourd’hui exceptionnellement, gardera sa classe toute la journée. Difficile de faire des photos. Je me sentirais un peu bête à sortir ici un appareil photo. Ils ne sont plus assez petits pour des photos. « Dans quatre ans, déclare la directrice, ils passeront leur brevet.» Et de s’enorgueillir des bons résultats du collège au brevet. Quatre ans. Je ne suis pas pressé. Du tout.

 
sur la route de Porto Heli, au-dessus de la ville nouvelle d'Epidaure
Sensation d’embrigadement, d’emprisonnement, envie de s’échapper. Je me revois, trente huit ans plus tôt, franchissant le porche du collège de Briançon, la main dans celle de mon père. De ce jour-là, je n’ai que cette image en tête. Après, dans la cour, je ne me souviens de rien. Je devine ce que ressent Marie à mes côtés. Comme moi, elle ne montre rien. Juste une onde électrique qui la parcourt jusqu’au bout des doigts. Je remarque qu’elle ne s’est pas coupé les ongles. Je le lui fais remarquer. A l’appel de son nom, elle se glisse hors de la rangée pour rejoindre sa classe, ravie sans doute d’être dans la même classe que Giulia.
Hier, pendant le déjeuner, elle me demande si je me souviens du nom de mes maîtres et maîtresses de l’école primaire. Je ne me souviens d’aucun nom. Elle s’en étonne. Je lui dis qu’elle aussi, peut-être, dans quarante ans, elle ne s’en souviendra plus. Elle hoche la tête, incrédule. Quarante ans, répète-t-elle puis elle dit qu’on verra bien, qu’on en reparlera dans quarante ans ce à quoi, sans réfléchir, j’ai le tort d’ajouter : si je suis encore là. Elle se lève aussitôt de table pour venir vers moi et m’enlacer. Lisa en fait de même. Marie sanglote. Je la console, je promets d’être là. Je m’en suis voulu d’avoir dit cela. C’était complètement idiot. Lisa, elle, ne pleurait pas mais les larmes, vite taries, tout de même, lui font toujours de l’effet.

On dirait qu’elle se demande si elle n’a pas manqué quelque chose.

Philippéion sur le site d'Olympie

 

 
La maison semble bien vide sans les enfants. Je dois me mettre au travail. C’est difficile. Je n’ai pas été seul une seule fois pendant tout l’été et voilà que seul enfin, je me sens presque désemparé.

musée archéologique d'Olympie

Je n'ai pas de photos de la rentrée alors pour aujourd'hui, ce ne sera encore que des photos de vacances (que je commenterai dans les jours qui viennent ou, du moins, qui seront davantage en rapport avec ce que j'écrirai plus tard ce mois-ci).


dans un restaurant à Saint Andréa, près de Kiparissia
 

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