La mer est à cent mètres. On dirait qu’elle va de droite à
gauche, la mer, qu’elle coule comme une rivière, comme un grand fleuve.
Tôt le matin, avant le lever du jour, la foudre me réveille
en sursaut. J’écoute si jamais Lisa et Mélina qui dorment dans la même pièce,
juste en dessous de la chambre du grenier que je partage avec Marie, ont pris
peur en entendant le tonnerre. Mais il n'y a pas un bruit. Tout est calme. Par la
fenêtre, les éclairs déchirent la nuit (des étoiles qui sautent comme des fusibles). Des trombes de pluie s’abattent sur le
toit juste au-dessus de moi (mais le ronronnement du climatiseur est parfois trompeur). Dans le lit attenant au mien, Marie dort
paisiblement. Le matin, spectacle étrange d’un paysage détrempé, d’un ciel lourd, chargé de nuages gris et de la pluie qui continue de tomber.
On prend le petit-déjeuner à
l’intérieur.
Lisa et Mélina ne se quittent pas d’une semelle. Elles sont
comme des jumelles, même taille, cheveux au vent, d'un blond vénitien, mais yeux bleus pour l'une (Mélina) et yeux gris vert pour l'autre (Lisa).
Le long du mur qui borde la route de la mer, neuf chiots et
leur mère, exténuée à force d’allaiter. Lisa et Mélina accroupies derrière la
grille, émerveillées, jappant en écho aux jappements des chiots qui finissent
par s’approcher et quémander des caresses à travers le grillage, en tirant la
langue pour lécher les doigts de leurs admiratrices. « Qu’il est
chou ! » s’écrient-elles en chœur.
Interloquées pendant quelques heures, les cigales ont repris
leur chant cette après-midi. Par moments, certaines viennent plus près, tels
des premiers violons surenchérissant sur l’orchestre.
Séparée de Mélina, requise par sa sieste journalière, Lisa a
protesté mais a fini par s’endormir à son tour dans la pénombre de sa chambre
pendant que Marie termine sa première leçon journalière.
Chalkida n’est qu’à quinze minutes de la maison. Nous y
avons fait les courses ce matin. Le frigidaire est plein. Nos estomacs aussi.
Je ne sais encore si d’ici une heure ou deux, j’irai nager
ou courir le long de la plage. Marie m’a fait promettre d’aller avec elle chiper
aux poules quelques œufs. Les coqs nous laisseront-ils faire ? Se
demande-t-elle.
Il y a aussi un potager où avant-hier, Isabelle, Marie, Lisa
et Mélina ont cueilli les tomates qui ont servi à composer la salade du jour.
Christophe est rentré à Athènes pour un rendez-vous
professionnel. Il sera de retour d’ici ce soir.
Aujourd’hui, c’est Marie qui me dicte ce qu’il faut écrire
sur le blog.
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