| à bord du ferry de retour vers l'Italie |
C'était la deuxième année consécutive qu'on prenait le ferry. J'évoquais, dans le texte accompagnant les photos postées avant-hier, les enfances qui se superposent, celles des enfants d'aujourd'hui, celle des parents, enfants d'hier. Prendre le ferry de l'Italie vers la Grèce, c'est exactement cela: me revient alors en mémoire mon enfance, scandée chaque été par les allers-retours en ferry (Ancona-Patras ou Brindisi-Patras ou, le temps d'un seul été, Genova-Patras), avec toute l'excitation que nous ressentions, Christophe et moi, à explorer le moindre recoin du ferry, et je la donne à revivre aujourd'hui à Marie et Lisa qui, à leur tour, déambulent, de bâbord à tribord, dans les coursives, les escaliers de l'une à l'autre, les passerelles, les restaurants et les cafétarias, le casino, le café à la proue aux larges baies vitrées permettant d'embrasser l'horizon à 180 degrés et le même à la poupe mais avec la vue panoramique découpée en deux quartiers de mer par le sillage que laisse le navire derrière lui.
| avant de prendre le ferry pour Patras |
| déjeuner sur le ferry |
| dans la cabine... |
Et puis, la pierre-toboggan dans le bois de saint-Georges en sortant de Tripolis où j'ai usé mes fonds de culotte comme tant d'autres enfants du coin. Dieda qui n'était alors que papa nous amenait de temps à autre, en matinée, y jouer au ballon, y faire du toboggan, y pourchasser des paons, à l'abri de la chaleur estivale. Lisa et Marie ont découvert l'endroit, c'est la première fois qu'on s'y arrêtait. Il me semblait que la pierre était située plus à l'écart dans les bois, non loin d'une carrière où autrefois s'entraînaient aux tirs les conscrits de la caserne avoisinnante. Des arbres ont été abattus, je me souvenais, au bas du toboggan, d'un pin dont une branche était quasiment à l'horizontale et où Christophe et moi avions vu, épatés, notre père grimper. L'abre n'est plus là, l'endroit semble aujourd'hui à découvert, accessible aux non-initiés, aux touristes. Nous avons déjeuné ce jour-là dans le restaurant désert qui jouxte les cages à poules, canards et paons. Le serveur qui était aussi le patron, bourru comme tous les serveurs Grecs, s'est éclairé quand ma mère lui évoqua mon oncle, le notaire. Le repas n'en fut que meilleur.
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