Tout le monde doir savoir qu’il y a chaque année une rentrée. Et tout le monde doit savoir que chaque année, la rentrée a ses “incontournables”. C’est ce qu’affichent supermarchés, sites marchands et enseignes en tout genre. Les soldes prennent fin avec la rentrée et laissent alors la place aux incontournables, c’est à dire à tout ce qu’il serait de mauvais goût de ne pas acheter, de ne pas posséder à moins bien sûr de se résigner à faire sa sortie plutôt que sa rentrée.
Il y avait autrefois des femmes, des femmes surtout, qui faisaient leur entrée dans le monde. Par la suite, on ne parle plus que de “rentrées”.
A vrai dire, les incontournables d’une entrée dans le monde sont une maman et un papa. C’est pourquoi Marie demain ne fera qu’une rentrée: après la petite section, la moyenne section. Dans son carnet de classe, il est indiqué qu’elle est admise en moyenne section.
Dans le monde où Marie fait sa rentrée, à force de tout avoir – du moins à vue de nez -, quelque chose vient toujours à nous manquer. Le tout finit par se confondre avec ce manque, avec ce qui lui manque pour faire un tout. On ne se rend pas compte à quel point il nous devient impossible de vouloir en même temps qu’inéluctable d’espèrer plus, d’attendre davantage. C’est dans ce monde qu’une publicité pour une carte de crédit vante le pouvoir de celle-ci d’acheter tout ce qui peut s’acheter. On pourrait tout aussi bien vanter l’illusion ainsi créée de pouvoir se passer de ce qui ne s’achète pas ou de pouvoir s’en racheter. Mais certains n’ont ni la carte de credit ni ce que celle-ci ne peut leur offrir en plus.
Je ne pourrais jamais apporter cela à Marie, je veux dire une raison ou une passion de vivre. Elle devra se débrouiller toute seule, par delà l’amour reçu. Ce sont des temps abstraits; comme dirait Philippe Muray, nous vivons dans des parcs d’abstraction. S’en extraire exige une force de caractère qui peut facilement tourner à l’anémie ou verser dans le ressentiment. Que Marie soit honnête avec elle-même, c’est déjà beaucoup. Son entrée dans le monde, j’espère que nous pourrons simplement l’aider à la tisser sur cette trame-là.
En attendant et pour ce qui est de la moyenne section, Marie a déjà projeté de presenter sa petite soeur Lisa à sa maîtresse qu’elle n’imagine pas être une autre que celle de l’année dernière. Lisa lui sert de doudou et les doudous ne lui servent pas tant de compagnons nocturnes que de sésame-ouvre-toi des salles de classe. Ce sont de vrais incontournables.
Il y avait autrefois des femmes, des femmes surtout, qui faisaient leur entrée dans le monde. Par la suite, on ne parle plus que de “rentrées”.
A vrai dire, les incontournables d’une entrée dans le monde sont une maman et un papa. C’est pourquoi Marie demain ne fera qu’une rentrée: après la petite section, la moyenne section. Dans son carnet de classe, il est indiqué qu’elle est admise en moyenne section.
Dans le monde où Marie fait sa rentrée, à force de tout avoir – du moins à vue de nez -, quelque chose vient toujours à nous manquer. Le tout finit par se confondre avec ce manque, avec ce qui lui manque pour faire un tout. On ne se rend pas compte à quel point il nous devient impossible de vouloir en même temps qu’inéluctable d’espèrer plus, d’attendre davantage. C’est dans ce monde qu’une publicité pour une carte de crédit vante le pouvoir de celle-ci d’acheter tout ce qui peut s’acheter. On pourrait tout aussi bien vanter l’illusion ainsi créée de pouvoir se passer de ce qui ne s’achète pas ou de pouvoir s’en racheter. Mais certains n’ont ni la carte de credit ni ce que celle-ci ne peut leur offrir en plus.
Je ne pourrais jamais apporter cela à Marie, je veux dire une raison ou une passion de vivre. Elle devra se débrouiller toute seule, par delà l’amour reçu. Ce sont des temps abstraits; comme dirait Philippe Muray, nous vivons dans des parcs d’abstraction. S’en extraire exige une force de caractère qui peut facilement tourner à l’anémie ou verser dans le ressentiment. Que Marie soit honnête avec elle-même, c’est déjà beaucoup. Son entrée dans le monde, j’espère que nous pourrons simplement l’aider à la tisser sur cette trame-là.
En attendant et pour ce qui est de la moyenne section, Marie a déjà projeté de presenter sa petite soeur Lisa à sa maîtresse qu’elle n’imagine pas être une autre que celle de l’année dernière. Lisa lui sert de doudou et les doudous ne lui servent pas tant de compagnons nocturnes que de sésame-ouvre-toi des salles de classe. Ce sont de vrais incontournables.
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