La petit fille aux cheveux rouges a un gros chagrin. Pinocchio et Pierrot la lune tentent de la consoler.
Un gros homme à la barbe si longue qu’il risque à tout moment de s’y prendre les pieds, ce gros homme donc est un méchant, une espèce d’ogre en tenue civile. Oui, un méchant.
La petite fille aux cheveux rouges a maintenant changé de robe, passant d’une robe rouge à carreaux blancs à une robe blanche à carreaux oranges. Elle n’a pas cessé de pleurer. Un caniche aux boucles grises s’est joint à elle et aux deux garçons qui, eux, sont toujours habillés comme ils l’étaient deux pages plus tôt.
Le gros homme est bûcheron à ses heures perdues. Il déteste tout ce qui ressemble de près ou de loin à un arbre. Il commence par enrouler sa barbe autour du tronc, deux ou trois tours selon le diamètre du tronc, puis il asséne un coup de hache entre les anneaux de sa barbe noire. L’arbre trébuche, éternue, titube puis bascule entre deux nuages égarés dans les bas fonds de la forêt.
La petite fille aux cheveux rouges est maintenant consolée. «Ca veut dire quoi ‘consoler’?» demande la petite fille. «ça veut dire quand on est plus triste aprés avoir été triste» répond papa en tournant la page. Page suivante, Pierrot joue de la guitare et Pinocchio se trémousse dans le hall de ce qui semble être un manoir abandonné. Un vieil homme fatigué, en chaussons et peignoir de flanelle, s’est joint à eux. Il sourit du sourire des bons vieillards bienveillants et somnolents. Il sourit comme l’on se sourit à soi-même, au sortir d’un songe. Il semble ne pas voir les enfants qui lui tendent des grimaces sans cesser leur sarabande. La nuit est tombée. La petite fille aux cheveux rouges a fermé les yeux.
Le gros homme a abattu toute une forêt. C’est un spectacle de ruines, lambeaux d’écorces, bris de branches, brasier de feuilles. Chaussé de bottes, l’ogre s’avance jusqu’au milieu de la page. Il ne reste qu’un seul arbre au milieu de la page. Un arbre plus petit, plus frêle que tous les autres qui gisent maintenant autour de lui. Un petit arbre aux feuilles bleues. L’ogre se crache dans les mains puis s’empare de sa hache et va pour décocher une première salve quand l’arbre commence à s’élever dans les airs. L’ogre, stupéfait, s’arrête tout net.
La maman de la petite fille a fait un long voyage en avion. Elle lui manque, sa maman. Elle sait qu’elle sera bientôt de retour: demain, plus tard, dans pas trés longtemps. Aujourd’hui, elle est triste. La dame qui s’occupe d’elle est venue la chercher à l’école. La maman de Pierrot s’appelle Stéphanie. Le papa de Pinocchio s’appelle comme papa, dit-elle à la dame qui s’occupe d’elle. « Il s’appelle comment ton papa ? » lui a demandé l’agent de la sécurité devant l’école. Sa barbe est si longue qu’il pourrait se moucher dedans. Il ne laisse passer personne sauf sur présentation d’une carte jaune délivrée par l’école. Dans le taxi, la petite fille aux cheveux rouges regarde les arbres le long de la route qui mène à la maison.
L’arbre est maintenant très haut dans le ciel. Il déploie ses ailes et file droit vers l’horizon. Il traverse les nuages et frôle les montagnes. Il survole les mers et resdescend sur terre. Ses feuilles bleues s'allument. Il se pose sur une route de campagne. Un autobus s’approche. Une colonne de fourmis s’échappe de l’arbre et s’engouffre en toute hâte dans l’autobus. Dans le taxi qui l’emmène à la maison, la maman de la petite fille aux cheveux rouges sourit. Elle sourit comme l’on se sourit à soi-même, au sortir d’un songe. Puis, elle ferme les yeux sans cesser de sourire.
Un gros homme à la barbe si longue qu’il risque à tout moment de s’y prendre les pieds, ce gros homme donc est un méchant, une espèce d’ogre en tenue civile. Oui, un méchant.
La petite fille aux cheveux rouges a maintenant changé de robe, passant d’une robe rouge à carreaux blancs à une robe blanche à carreaux oranges. Elle n’a pas cessé de pleurer. Un caniche aux boucles grises s’est joint à elle et aux deux garçons qui, eux, sont toujours habillés comme ils l’étaient deux pages plus tôt.
Le gros homme est bûcheron à ses heures perdues. Il déteste tout ce qui ressemble de près ou de loin à un arbre. Il commence par enrouler sa barbe autour du tronc, deux ou trois tours selon le diamètre du tronc, puis il asséne un coup de hache entre les anneaux de sa barbe noire. L’arbre trébuche, éternue, titube puis bascule entre deux nuages égarés dans les bas fonds de la forêt.
La petite fille aux cheveux rouges est maintenant consolée. «Ca veut dire quoi ‘consoler’?» demande la petite fille. «ça veut dire quand on est plus triste aprés avoir été triste» répond papa en tournant la page. Page suivante, Pierrot joue de la guitare et Pinocchio se trémousse dans le hall de ce qui semble être un manoir abandonné. Un vieil homme fatigué, en chaussons et peignoir de flanelle, s’est joint à eux. Il sourit du sourire des bons vieillards bienveillants et somnolents. Il sourit comme l’on se sourit à soi-même, au sortir d’un songe. Il semble ne pas voir les enfants qui lui tendent des grimaces sans cesser leur sarabande. La nuit est tombée. La petite fille aux cheveux rouges a fermé les yeux.
Le gros homme a abattu toute une forêt. C’est un spectacle de ruines, lambeaux d’écorces, bris de branches, brasier de feuilles. Chaussé de bottes, l’ogre s’avance jusqu’au milieu de la page. Il ne reste qu’un seul arbre au milieu de la page. Un arbre plus petit, plus frêle que tous les autres qui gisent maintenant autour de lui. Un petit arbre aux feuilles bleues. L’ogre se crache dans les mains puis s’empare de sa hache et va pour décocher une première salve quand l’arbre commence à s’élever dans les airs. L’ogre, stupéfait, s’arrête tout net.
La maman de la petite fille a fait un long voyage en avion. Elle lui manque, sa maman. Elle sait qu’elle sera bientôt de retour: demain, plus tard, dans pas trés longtemps. Aujourd’hui, elle est triste. La dame qui s’occupe d’elle est venue la chercher à l’école. La maman de Pierrot s’appelle Stéphanie. Le papa de Pinocchio s’appelle comme papa, dit-elle à la dame qui s’occupe d’elle. « Il s’appelle comment ton papa ? » lui a demandé l’agent de la sécurité devant l’école. Sa barbe est si longue qu’il pourrait se moucher dedans. Il ne laisse passer personne sauf sur présentation d’une carte jaune délivrée par l’école. Dans le taxi, la petite fille aux cheveux rouges regarde les arbres le long de la route qui mène à la maison.
L’arbre est maintenant très haut dans le ciel. Il déploie ses ailes et file droit vers l’horizon. Il traverse les nuages et frôle les montagnes. Il survole les mers et resdescend sur terre. Ses feuilles bleues s'allument. Il se pose sur une route de campagne. Un autobus s’approche. Une colonne de fourmis s’échappe de l’arbre et s’engouffre en toute hâte dans l’autobus. Dans le taxi qui l’emmène à la maison, la maman de la petite fille aux cheveux rouges sourit. Elle sourit comme l’on se sourit à soi-même, au sortir d’un songe. Puis, elle ferme les yeux sans cesser de sourire.
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