Cet été, Marie s’est baignée presque tous les jours. La mer est de ses amies, dispensatrice de vagues et remous dits ‘limonade” (quand on brasse l’eau sous la surface de façon à la faire mousser du bas vers le haut), pourvoyeuse de bateaux, espèce animale située entre le nuage et la baleine. Parfois, des nuages justement tombent en haute mer et se transforment en poissons; certains s’allongent en espadons, d’autre enflent en baleines; enfin, d’autres se dispersent en friture. On en voit quelques specimens, à la lisière de l’eau, il suffit de s’accroupir, ils sont comme transparents, on ne peut pas les attraper. Des brassards enfilés jusqu’aux aisselles, Marie a découvert une loi de la physique – comment de l’air, emballé dans du platisque, devient sur l’eau coussin d’air - qui lui a fait entrevoir de nouveaux espaces. Nous avons nagé jusqu’aux bouées qui délimitent la zone au delà de laquelle commence l’infini où seuls se hasardent les bateaux, encore eux, les planches à voile, les skieurs nautiques et, au dessus, les vols long courrrier. Sur la photo, Marie et son chapeau cloche, tournés vers cet infini. On ne voit pas les jambes qui pédalent, les mains jointes, comme appuyées à une balustrade, et de temps à autre, les pieds qui remontent à la surface pour un nouveau tour de ‘limonade’15 août 2006
Marie et sa mer
Cet été, Marie s’est baignée presque tous les jours. La mer est de ses amies, dispensatrice de vagues et remous dits ‘limonade” (quand on brasse l’eau sous la surface de façon à la faire mousser du bas vers le haut), pourvoyeuse de bateaux, espèce animale située entre le nuage et la baleine. Parfois, des nuages justement tombent en haute mer et se transforment en poissons; certains s’allongent en espadons, d’autre enflent en baleines; enfin, d’autres se dispersent en friture. On en voit quelques specimens, à la lisière de l’eau, il suffit de s’accroupir, ils sont comme transparents, on ne peut pas les attraper. Des brassards enfilés jusqu’aux aisselles, Marie a découvert une loi de la physique – comment de l’air, emballé dans du platisque, devient sur l’eau coussin d’air - qui lui a fait entrevoir de nouveaux espaces. Nous avons nagé jusqu’aux bouées qui délimitent la zone au delà de laquelle commence l’infini où seuls se hasardent les bateaux, encore eux, les planches à voile, les skieurs nautiques et, au dessus, les vols long courrrier. Sur la photo, Marie et son chapeau cloche, tournés vers cet infini. On ne voit pas les jambes qui pédalent, les mains jointes, comme appuyées à une balustrade, et de temps à autre, les pieds qui remontent à la surface pour un nouveau tour de ‘limonade’
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