13 juillet 2006
Oui papa
Hier soir, parce que j’asperge d’eau ses cheveux (la journée fut torride), Marie pleurniche, bouche bée, yeux clos. Je lui demande: “pourquoi ? Ca te fait mal ?“Oui, papa”, répond-elle sentencieusement, voix basse, yeux battus. “Tu as peur de l’eau ?” “Oui, papa” sur le même ton, les yeux encore plus battus. Et ces deux “oui, papa”, l’un après l’autre, me firent mesurer tout l’espace qui s’était ouvert en moi depuis que j’étais ce papa. Ensuite, une petite histoire avant de se coucher. Puis, à califourchon sur mes genoux où, ensemble, à voix basse, je résume une journée de nos vies et lui donne une apercu de celle à venir. Jamais elle n'est aussi attentive que dans ces moments-là, parfois elle répète après moi, comme pour se convaincre que tout cela va bien arriver ou a bien eu lieu. Une fois dans le lit, allongée sur le ventre, elle ne consentira à fermer les yeux que lorsque que je lui aurai donné la main. Nous resterons longtemps ainsi, moi sur le bord du sofa, elle couchée sur le ventre, la tête de mon côté. Elle ne desserrera l’étreinte qu’une fois enformie. Parfois, plus longtemps encore.
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