| au parc Walibi |
Dolly est morte. C’était la chienne de
la mère de Lydia. Depuis quelque temps déjà, elle n’allait pas bien. Elle
souffrait des reins, avait-on appris hier. Ce matin, la mère de Lydia s’est
absentée quelques instants chez des voisins. A son retour, Dolly ne respirait
plus. Lisa pleurait quand je suis sorti de la chambre.
Il pleut aujourd’hui, l’herbe a
repoussé, des ouvriers vont et viennent dans l’entrée. Nous avons passé le jour
de l’ascension à Walibi, non loin de Lyon. La semaine dernière, je donnais des
cours à Bruxelles.
Pendant quelques jours, la chaleur fut
quasi-tropicale.
Dans la salle de bain, je confonds le bruit du tic-tac de la montre de Lydia avec le goutte-à-goutte du robinet.
J’ai l’épaule nouée. Je me suis rendu
compte que la douleur s’atténuait quand je levais le bras bien haut et l’y maintenait
une trentaine de secondes. Comme un élève zélé qui lève le doigt.
A Walibi, nous avions Giulia avec nous
ainsi que son père, originaire de Bruges, et son frère, Lenaart (je ne suis pas
sûr de l’orthographe). La mère de Giulia est italienne, originaire d’Ancona, là
où cet été encore, nous embarquerons sur un ferry pour la Grèce.
Mon père va mieux. Il marche sans
béquilles, il conduit même.
J’ai la tête plein de soucis,
formalités, déclaration d’impôts, réinscriptions, etc. Ce changement brusque de
temps me laisse pétrifié comme si je ne savais plus par où commencer. Par où
continuer. Marie n’est pas encore levée. Elle a un contrôle de math à préparer.
Un contrôle qui porte sur toutes les leçons depuis le début de l’année. Je la
soupçonne de faire semblant de dormir.
Je pense à Lisa qui pleurait ce matin.
Dans mon souvenir, Dolly est encore presque un chiot. La première fois que je
suis allé en Ouzbékistan, c’était en 2002. Je lui lançais la balle à travers
l’appartement. Elle me la ramenait de façon métronomique, langue pendante, yeux
étincelants. Et je recommençais.
Le tic tac de l’horloge. Le
goutte-à-goutte du robinet.
Lydia, Olga, leur cousine Julia (celle
qui s’est mariée, qui a maintenant un enfant prénommé Islam et qui avait alors
douze ans, l’âge de Marie) et moi avions visité Samarcande. Soleil de plomb, faïences
d’un bleu éblouissant.
Les enfants qui sont allés en
Ouzbékistan plus souvent que moi, y ont souvent joué avec Dolly. Dans le jardin
de la Datcha en particulier.| couettes asymétriques |
Au lac de Divonne, avant-hier, Lisa a découvert l’accro-branche. Elle a appris le mot « mousqueton ». L’employé du parc lui a donné des explications un peu compliquées pour son âge. Elle ne soufflait mot, hochait la tête seulement quand il fallait répondre par oui ou par non.
Lisa est timide, Marie est
impressionnable, ce qui est différent. Il ne faut jamais comparer. On ne peut
pas ne pas comparer.
A ce propos, il faut que j’aille
réveiller Marie. Je n’ai pas plus qu’elle envie de me plonger dans les maths.
Mais il faut bien. Chaque fois je me dis que je resterai zen. Ce n’est jamais
facile tant elle y met de la mauvaise volonté, tant elle se braque contre cette
matière. Je ne suis pas bon pédagogue ni bon psychologue sans doute. Peut-être
bon père, peut-être papa-poule, mais pas bon pédagogue. Trop irritable, trop
impatient, de plus en plus avec les années.
A Walibi, j’étais plus souvent
spectateur qu’acteur. Je n’aime pas vraiment les manèges, certains moins que
d’autres (j’ai l’estomac sensible). Lydia s’y amuse, les enfants aussi (leurs
estomacs sont mieux accrochés que le mien), et cela me suffit pour avoir
envie d’en être. Le père de Giulia qui a l’air si sérieux, n’a pas manqué une
seule attraction. Je les regardais, je leur faisais signe, je les filmais, je
faisais des photos.
Nous devions aller à Tunis à la fin du
mois. Nous avons dû annuler. Trop compliqué pour le visa de Lydia. Début juin,
elle a un déplacement à New-York. Il y avait pour moi une possibilité de partir
en mission électorale en Côte d’Ivoire mais finalement je n’ai pas postulé.
Le maître de Lisa a appelé en début d’après-midi.
Lisa ne se sentait pas bien. Je suis passé la prendre. J’ai signé une décharge.
Elle semblait plus triste qu’autre chose. Peut-être à cause de Dolly. Ce qui la
frappait, c’est qu'Adele, l’autre chienne de la maison grand maternelle, la fille
de Dolly, soit maintenant toute seule, sans sa mère.
Il fait beau de nouveau. Je vais aller
courir. Dès la première heure, Marie a plongé dans un contrôle de math qui
portait sur tout le programme depuis le début de l’année. Nous avons passé le
dimanche à décortiquer chaque leçon sans avoir vraiment le temps de faire des
exercices. C’était trop pour elle. C’était trop pour moi. Je vais demander à
voir la prof de math pour lui demander conseil.
Bon, oui, je vais aller courir maintenant.
| au parc Walibi |
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